30 Sep 2026
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Le Burkina Faso rejoint le cercle fermé des pays africains disposant de capacités de raffinage de leur or — DR

Burkina Faso : le pays inaugure sa première raffinerie d’or

Le Burkina Faso veut désormais franchir un cap dans la valorisation de son métal jaune. le président Ibrahim Traoré a inauguré...

Le Burkina Faso veut désormais franchir un cap dans la valorisation de son métal jaune. le président Ibrahim Traoré a inauguré le lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, la première raffinerie d’or du pays, baptisée Raffinor-BF. Une infrastructure que les autorités présentent comme un nouvel instrument de souveraineté minière, dans un secteur qui constitue l’un des principaux piliers de l’économie burkinabè. Implantée sur un site de cinq hectares à Ouaga 2000, l’usine doit permettre de transformer une partie de l’or extrait au Burkina Faso directement sur le territoire national. Sa première phase affiche une capacité théorique d’affinage de 164 tonnes par an, avec une extension annoncée à 515 tonnes à terme. L’or raffiné pourra atteindre une pureté de 99,99 %, soit 24 carats. Le complexe ne se limite pas à l’affinage. Il regroupe une fonderie, un laboratoire d’analyse, des espaces sécurisés de stockage ainsi qu’une unité de bijouterie. Le siège de la Société nationale des substances précieuses (SONASP) y est également installé. Le projet, dont la première pierre avait été posée en novembre 2023, représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA, financé principalement par l’État via la SONASP, avec la participation de partenaires privés.


Pour le gouvernement Burkinabè, l’enjeu dépasse la construction d’une usine. Il s’agit de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire, mais aussi de renforcer le contrôle de la filière aurifère. Les autorités mettent en avant plusieurs effets attendus : amélioration de la traçabilité, contrôle des flux financiers, lutte contre la fraude et développement d’emplois qualifiés. Le complexe devrait générer environ 100 emplois directs et plus de 5 000 emplois indirects, selon les chiffres communiqués lors de l’inauguration. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large affichée par le pouvoir burkinabè. Celui de ne plus se contenter d’extraire les ressources minières avant de les exporter, mais développer progressivement les différentes étapes de leur transformation sur place. Lors de l’inauguration, Ibrahim Traoré a ainsi réaffirmé l’ambition de voir le Burkina Faso affiner ses métaux sur son propre territoire. Le pari est toutefois de taille. La capacité théorique de Raffinor-BF, une fois la seconde phase achevée, atteindrait 515 tonnes par an, soit plusieurs fois la production aurifère nationale annoncée pour 2025, supérieure à 94 tonnes. L’enjeu sera donc aussi de faire de l’usine un outil régional capable, à terme, de traiter une partie de l’or provenant d’autres marchés ouest-africains.


Raffinor-BF, faut-il le noter, permet au Burkina Faso rejoint le cercle encore restreint des pays africains disposant de capacités de raffinage de leur or. Toutefois, pour lui, l’objectif est de passer progressivement du statut de producteur de matière première à celui d’acteur maîtrisant la chaîne de valeur du métal jaune.


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