6 Mar 2026
ACTUALITÉ
l'État à travers l'opération "Tolérance zéro" s'est donné comme objectif de relever des défisDR

Opération "Tolérance zéro : Oumar Sacko : « L'opération va monter en puissance »

Le carrefour La Vie, à Cocody, a perdu son agitation habituelle ce jeudi 5 mars 2026. Sous le regard attentif des automobilistes et des riverains, les forces de sécurité ont déployé les grands moyens. Gilets fluorescents ajustés, carnets de contravention en main et terminaux de contrôle actifs, les équipes mixtes Police-Gendarmerie ont passé au peigne fin chaque véhicule, incluant les engins à deux ou trois roues.

Cette action s'inscrit dans la vaste opération de répression intitulée « Tolérance zéro sur nos routes », lancée par le ministère des Transports et des Affaires Maritimes, dirigé par Amadou Koné.


Dès l'aube, la délégation officielle conduite par le Directeur général des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC), Oumar Sacko, et le Contrôleur général de Police Yéo Kollo Roger, préfet de Police d’Abidjan, a sillonné trois communes du District. D'abord à Cocody, au carrefour La Vie, où des dizaines de véhicules ont été systématiquement immobilisés. Chaque usager est interpellé pour un contrôle rigoureux des pièces administratives. La délégation a ensuite mis le cap sur Attécoubé, aux abords du monument des Martyrs et de l’hôpital Drogba, avant de s'arrêter à Anani (Port-Bouët), carrefour stratégique drainant un trafic dense vers l’aéroport et les zones industrielles.


Des premiers chiffres encourageants


À 10 heures, les statistiques traduisent déjà l’ampleur du dispositif : 883 véhicules contrôlés, dont 256 immobilisés pour diverses infractions. Concernant les deux et trois roues, 800 ont été inspectés et 82 mis en fourrière. Ce bilan provisoire illustre la fermeté annoncée par les autorités. « Depuis quelques semaines, le ministère, constatant la recrudescence des accidents mortels, a lancé une campagne de sensibilisation suivie d'une phase de répression », explique Oumar Sacko. Sur place, policiers et gendarmes multiplient les vérifications : permis de conduire, attestation d’assurance, carte grise et conformité des plaques d’immatriculation.


Selon le DGTTC, l’opération cible prioritairement les plaques fantaisistes et les deux-roues, catégorie jugée très vulnérable. « Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur ces engins, car leurs usagers constituent 33 à 40 % des victimes enregistrées », précise-t-il. Prochainement, le focus s'élargira aux transports en commun. « C’est l’occasion de lancer un appel : qu’ils se mettent en règle avant notre passage. L’opération va monter en puissance », prévient-il. À Anani, le dispositif impressionne. Si certains automobilistes protestent, d’autres reconnaissent la nécessité de ces contrôles. Le message est clair : la discipline doit régner sur les routes réhabilitées pour que le développement infrastructurel s’accompagne d’une réelle responsabilité citoyenne.


Un tournant répressif assumé


Sur le terrain, les infractions sont récurrentes. Le Contrôleur général Yéo Kollo Roger note principalement le défaut de permis pour les deux-roues et l’absence d’assurance. Il rappelle qu’aucun laxisme ne sera toléré. À ce titre, un véhicule administratif en infraction (plaque banalisée) a été intercepté à Cocody ; son immatriculation a été transmise pour un retrait immédiat. Initialement basée sur 80 % de sensibilisation, la stratégie s'est inversée. « Nous sommes désormais davantage dans la répression », affirme Oumar Sacko, tout en soulignant la complémentarité entre vidéo-verbalisation et présence humaine pour détecter les comportements que la technologie ne peut capter, comme l’usage du téléphone.


L’enjeu dépasse la simple contravention. Depuis le début de l’année, 164 personnes ont péri sur les routes ivoiriennes. Un chiffre alarmant. « Nos routes ne doivent pas être des lieux de rendez-vous avec la mort », martèle le préfet de Police. Pour inverser la tendance, le gouvernement a mobilisé 3 500 agents sur l’ensemble du territoire. Au-delà de la sécurité routière, la lutte contre les plaques non conformes devient une priorité de sécurité nationale, car elles compliquent l’identification des délits. Lancée le 2 mars, cette opération s'inscrit dans la durée. Le signal envoyé depuis Cocody ou Port-Bouët est sans équivoque : la route doit redevenir un espace de sécurité partagée.

Retour à l'accueil